Mes 2 accouchements...totalement différents !!!

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Mes 2 accouchements...totalement différents !!!

Message par Fibounette le Jeu 16 Fév 2012, 13:46

Voici mes 2 récits, un après l'autre...avec 3 ans entre les 2 !!

Agathe:
Lundi, 16 juin 2008
Ce matin, en me levant, j’ai l’impression d’avoir une perte. Je ne sais pas si c’est du liquide amniotique. J’appelle Cécile, notre accompagnante à la naissance. Elle me dit que ça peut être bien des choses, mais que si ce n’est pas très abondant, de ne pas m’inquiéter. On continue donc notre journée normalement. En après-midi, je décide de faire une sieste. Ça fait vraiment du bien ! Je n’arrête pas de me poser des questions, j’espère que tout est correct…
Le soir, avant de quitter la maison et comme je suis nerveuse, Israël propose de mettre la valise de vêtements dans l’auto… On soupe chez Lyn et Daniel ; Vincent-Olivier aussi est là. Après avoir bien mangé, je me lève et je m’aperçois que j’ai encore eu une perte de liquide. Mon chum et moi décidons d’aller faire vérifier le tout à l’hôpital car ça m’inquiète un peu. On arrive vers 20h00. Je suis convaincue qu’on va me dire que ce n’est rien et de retourner à la maison. On monte au 3e étage et on va au poste expliquer la situation aux infirmières. Deux d’entre elles viennent avec moi dans une chambre et vérifie dans mon urine si c’est bien du liquide. Le test est négatif, mais elles décident de me mettre le moniteur pour une quinzaine de minutes. Pendant ce temps, Israël et moi on essaie de deviner à quoi servent les différents graphiques sur la feuille. L’infirmière revient et me dit que j’ai de petites contractions, mais pas régulières. Ils refont le test dans ma serviette hygiénique et c’est finalement positif. C’est bel et bien du liquide amniotique !! Notre petit bébé va naître bientôt !! Les infirmières me confirment que je ne peux quitter l’hôpital. On est très excités et un peu nerveux. Je dis à Israël d’aller faire manger les chiens et de rapporter notre deuxième valise qui contient des collations et surtout, l’appareil photo ! Il va aussi appeler Lydia pour l’avertir et Cécile pour qu’elle soit au courant que la naissance est imminente. Durant son absence, je me démaquille et met ma jaquette. J’appelle mes parents pour leur dire que je reste à l’hôpital et de ne pas s’inquiéter. On les appellera dès que le bébé sera né. Une des infirmières me fait remplir un questionnaire et me dit que je devrais marcher pour accélérer les contractions. Je me mets donc à faire le tour de l’étage et le personnel trouve que j’ai tellement l’air en forme qu’il me propose, à la blague, de faire du ménage. Durant ma marche, je réalise que mon enfant va bel et bien venir au monde le 17 juin. Je suis heureuse et en même temps anxieuse. Je voudrais tellement un accouchement naturel et que tout se passe bien. Une infirmière vient me montrer ma chambre qui est près de l’entrée de la maternité. Je range mes choses, elles seront déjà là pour après l’accouchement. Quand Israël revient, on va dans le bain tourbillon. J’ai terriblement chaud et ca ne semble pas accélérer le processus. C’est comique car l’infirmière vient écouter le cœur du bébé pendant que je suis dans le bain. Israël et moi, on se sent tout drôles. Je décide de sortir car la chaleur me fait sentir mal. On marche à la place. L’étage est bien silencieux, je suis la seule maman en travail. Vers 21h30, la docteure, Marie-Chantale Giguère, arrive. Elle me fait un examen et me confirme que je suis à 3 cm. Elle m’avise que si le travail n’est pas déclenché, elle va devoir rompre mes eaux afin que le bébé ne contracte pas de virus. À 23h00, comme le travail est au point mort, Dre. Giguère rompt mes membranes. Je croyais que ce serait douloureux, mais c’est plutôt drôle de sentir tout ce liquide chaud. Quelques instants plus tard, je sens les contractions débuter. Israël et moi continuons à marcher sur l’étage. Les contractions s’intensifient assez rapidement et je suis de moins en moins à l’aise de circuler. On se rend dans la chambre de naissance car l’air climatisé me fait beaucoup de bien. Je parle souvent à mon bébé et je lui dis que j’ai bien hâte de le rencontrer. On décide d’essayer le ballon car les contractions sont plus fortes. Ça me soulage pas mal. Israël me masse le bas du dos car c’est là que je sens les contractions. À un moment donné, je demande à Israël de couper le haut de mes culottes car elles me fatiguent beaucoup au bas du ventre. Comme nous n’avons pas de ciseaux, Israël prend son canif et on trouve la situation bien comique.
Mardi, 17 juin 2008
Le temps passe, je vais aussi sur la chaise berçante et ça change le mal de place. Les contractions sont plus rapprochées, elles sont aux 3 minutes et assez fortes. On décide d’appeler Cécile pour qu’elle s’en vienne. Je suis assez fière de moi car je contrôle bien mes respirations et je suis calme… sereine même. Lorsqu’elle arrive, vers 2h00, les contractions sont à chaque minute. L’infirmière vérifie et mon col est dilaté à 5 cm. Le travail avance. Cécile m’oblige à aller à la salle de bain et je déteste ça. Les contractions sont bien plus douloureuses dans cette position. Je reste encore un peu sur le ballon et je fais des bruits avec ma gorge, c’est niaiseux, mais ca me fait du bien. Je suis nerveuse car je sais que le grand moment arrive bientôt, mais j’ai tellement hâte de voir si tu es une fille ou un garçon, si tu as tes 10 doigts, ... Je prends de grandes respirations et je visualise beaucoup. Je pense à mes contractions comme à des vagues, comme dans le livre que j’ai adoré lire durant ma grossesse. Cécile m’aide à penser à relaxer et à laisser mon col s’étirer et s’ouvrir. Heureusement qu’elle est là ! Israël me supporte énormément et ses massages me font du bien ! Je ne parle pas beaucoup, j’ai besoin de toute ma concentration. Je ferme les yeux et j’essaie de me reposer entre chaque contraction. Après qu’une des infirmières soit venue vérifier le cœur du bébé, je décide de demeurer sur le lit. Je supporte mieux les contractions en position assise. Je replie les jambes et Israël et Cécile en tiennent chacun une. Ça fait du bien avoir des mains chaudes sur moi. Je ne veux pas qu’ils bougent, j’aime qu’ils soient présent, c’est tout. Je commence à être fatiguée, ce n’est pas facile. J’ai parfois froid et à d’autres moments, je suis en sueur. Je ne veux pas qu’on me dise l’heure qu’il est car sinon j’ai l’impression que le temps n’avance pas. Je ne veux pas non plus savoir l’intensité des contractions car on dirait que c’est encore plus difficile dans ce temps-là. Je vis le moment présent, à chaque contraction, je me dis que c’est de plus en plus près. Israël a mis la radio, mais je ne l’entends même pas. Je place mes poings dans mon dos juste où la douleur est la plus vive, ça me soulage. Je prends de grandes respirations. À chaque fois, que je me lève, je sens que mon bébé descend, c’est assez étrange comme sensation. Vers 4h00, j’ai l’impression que j’ai besoin de pousser. Je n’aime pas du tout cette nouvelle sensation que je n’ai jamais sentie. L’infirmière ne semble pas me croire et dit qu’elle va revenir vers 4h30. Je panique un peu et je ne suis plus capable de me concentrer. Je n’arrête pas de dire à Cécile que je ne veux pas sentir ça, que je ne suis pas bien. Cécile se penche, me regarde droit dans les yeux et me dit : « Tu n’as pas le choix, cette douleur c’est ton bébé qui veut sortir. Si tu veux voir ton petit bébé, tu dois apprivoiser cette douleur. Aide ton bébé à sortir ! ». Ces paroles, c’est exactement ce qu’il fallait que j’entende. Je regarde mon chum et je commence à encourager mon bébé à faire son chemin. « Vas-y, tu es capable, let’s go, viens nous voir, … ». On dirait une vraie cheerleader !!! Je me place sur le côté et Cécile me tient la jambe dans les airs. Mon chum est à côté de moi. Je veux vraiment pousser et ça m’inquiète que le médecin ne soit pas là. Je n’arrête pas de répéter d’aller le chercher. L’infirmière se décide enfin à regarder mon col… Elle se rend finalement compte que je suis complète et qu’on voit déjà les cheveux. Je suis tellement fière d’avoir fait tout le travail sans médication. Je lance haut et fort : « Je l’avais dit que je le ferais sans épidurale !! ». Je veux pousser, Cécile me dit de faire ce que je ressens, qu’ils sont là. Je trouve que le médecin n’arrive pas vite et pourtant ça ne prend que 5 minutes. À 4h40, Dre.Giguère s’installe et me dit que je vais devoir me placer vers elle pour sortir mon bébé. On change de position et c’est assez pénible. Le fait de pouvoir enfin pousser sans inquiétudes me soulage beaucoup. Contrairement à tout le travail, j’ai les yeux bien ouverts et je fais des blagues. À un moment, l’infirmière qui me tenait la jambe, la lâche. Je lui dis que je préfère qu’elle la tienne. Elle me répond qu’elle n’a malheureusement que 2 bras. Je lui dis, en farce, d’aller s’en acheter un 3e. Je fais la poussée physiologique et je sens que je pousse efficacement. Cécile et le docteur me confirme que ça va très bien !! Je respire tellement fort que je fais lever le toupet du dre. Lorsque la tête sort, j’ai une grande sensation de brûlure, mais elle disparaît rapidement. Le médecin me demande d’arrêter de pousser car le bébé a un tour de cordon. Elle doit le couper car il est trop serré. C’est extrêmement spécial car je sens les petites jambes de mon bébé bouger dans mon ventre alors que sa tête est en dehors… Je pousse une dernière fois et tout son petit corps sort. On dirait un petit poisson qui glisse. Il est 5h01, le soleil commence à se lever. Je ne peux pas y croire ! Ma petite fille est là contre moi. Elle regarde son papa dans les yeux. Israël n’arrête pas de me dire qu’elle est belle. Il coupe le cordon de la bonne longueur. Toute la pression retombe, ma petite cocotte est là, ma fille… Je demande à Israël de me donner mes lunettes car je ne vois rien. Je peux enfin voir mon bébé !! Elle est magnifique !! L’infirmière lui donne un tout petit peu d’oxygène pour lui redonner des couleurs, mais elle est en pleine forme. Cécile m’aide à la mettre au sein. Ce n’est pas facile, mais elle y arrive. Je suis émue de voir ma puce, si petite, téter mon sein. Ça semble lui faire tellement de bien. Je regarde mon chum, je suis si fière de nous ! Nous sommes une toute nouvelle famille et j’ai eu un accouchement de rêve, naturel et dans le calme !!!
Agathe, née le 17 juin, 6 livres et ½ onces, 18½ pouces

Bastien:
12-13 septembre 2011
Naissance de Bastien


Ce matin, c’est une journée comme les autres. Nous sommes allés porter ta grande soeur Agathe à la garderie. Ensuite, j’ai rendez-vous avec Dre.Laplante à la clinique. Tout va bien, elle décide de vérifier si ta tête est bien en bas. L’examen est douloureux et un peu décourageant car rien n’a bougé. Je sais que ça ne veut rien dire, mais je suis fatiguée par cette grossesse qui a été teintée de stress dû à mon placenta previa, aux nausées et aux reflux gastriques. J’ai hâte de te rencontrer mon petit garçon !! Je retourne à la maison et je suis un peu émotive. Ton papa quitte pour le travail et je décide de faire une sieste.

Vers 15h00, en me réveillant, j’ai un peu mal au ventre. Je me rends à la salle de bain. Je suis sous le choc, je saigne abondamment. Je prends le téléphone et je me précipite en haut. Israël me dit qu’il s’en vient. Je suis vraiment paniquée. Je ne te sens pas bouger… Je décide d’appeler le 911. Ils envoient une ambulance. Lorsqu’ils arrivent, Israël est là et ton grand-papa Gilles aussi. Les ambulanciers sont très rassurants. En arrivant à l’hôpital, on monte à la maternité et toute une équipe m’accueille. Ils sont rassurés car ils croyaient voir arriver une maman enceinte de 20 semaines plutôt que 38 semaines… Lors des examens, je commence à me sentir très mal… Je fais une chute de pression… On baisse le lit, on m’installe une intraveineuse, des débarbouillettes froides… Je me sens mieux. La gynécologue et Dre.Giguère décident de me faire une écho intra-vaginale pour être certains que ta tête est bel et bien en bas et que mon placenta n’est plus previa. Tout est beau. Les médecins croient à un décollement placentaire. Ils doivent provoquer le travail afin de s’assurer que tout soit correct pour toi. Ils vont me mettre un ballonnet et le pitocyn pour démarrer le tout. Je suis un peu sous le choc d’avoir un accouchement très loin de ce que je désire. Israël me rassure en me disant que l’important est d’avoir un bébé en santé. Je me rallie à ses paroles car j’en ai besoin. La gentille infirmière, Mélanie, prends bien soin de nous. Elle installe les moniteurs et on remarque que j’ai déjà des contractions. Peut-être que le travail est en train de s’installer tout seul ??? Marie-Eve, notre accompagnante, arrive. Ça me rassure d’avoir un soutien de plus. Lorsque le médecin vient pour placer le ballonnet, mon col est déjà rendu à 2,5 cm. Dre.Giguère décide de ne pas installer le ballon, seulement le pitocyn. Il est 22 heures. Je suis un peu déçue de devoir avoir recours à des hormones synthétiques pour faire avancer le travail et je n’ai surtout pas le goût de prendre l’épidurale. Marie-Eve me masse les pieds et ça me fait du bien. Israël fait des blagues et se permet même des petits pas de danse. Mélanie, l’infirmière, me suggère d’aller sur le ballon. Elle va demander l’avis à dre.Giguère car je ne devais pas sortir du lit, à cause des saignements. Comme ceux-ci sont presque disparus, j’ai le droit de prendre les contractions sur le ballon. Ça me fait du bien et je réussis, avec l’aide de Marie-Eve qui me fait parler de ma rencontre avec ton père, à me re-concentrer sur ta naissance et l’ouverture de mon col. Vers 23 heures, le travail commence à être plus significatif. Le pytocin est augmenté régulièrement et contrairement au début, j’ai de la difficulté à demeurer dans ma bulle. La douleur est de plus en plus intense et j’ai peu de pause. C’est de plus en plus ardu. Je n’en reviens pas de la différence entre des contractions naturelles et celles-ci. C’est encore plus pointu comme malaise. J’essaie de penser à toi, au fait que je vais bientôt te connaître. À un certain moment, je me souviens plus bien quand exactement, je sens un grand «poc» et je réalise que je perds mes eaux. Une nouvelle infirmière est arrivée vers minuit. Elle est gentille, mais à chaque contraction, elle me palpe le ventre et ça me dérange vraiment. Je lui dis, mais elle doit vérifier que l’utérus se relâche. Je devrai faire avec. L’infirmière me fait un examen et je suis seulement à 4 cm. Je suis découragée car avec la force des contractions que je ressens et le peu de temps de répit que j’ai entre chacune, je croyais être rendue plus loin. Je ne me sens plus la force de poursuivre seule. Marie-Eve me suggère de tenter le gaz hilarant. Elle m’explique que ça ne cause absolument rien au bébé et que ce sera plus facile. Israël et moi pensons que c’est une bonne idée et j’accepte. Je dois respirer dans un tuyau bleu durant les contractions en aspirant le gaz. Les premières fois, je n’aime pas ça car mes lèvres deviennent engourdies et mes jambes aussi. Ça change même ma voix, qui devient plus grave. Ça me fait beaucoup de bien et je prends plusieurs contractions. Puis, tout s’accélère… Ça devient très difficile. Je n’arrive plus à contrôler ma respiration, je le sais… J’ai l’impression que ça ne finira pas et je sais que je suis seulement à 4 cm !!! C’est tellement dur !!! Mon si bon contrôle est perdu, je me sens enveloppée par la souffrance. Je regarde ton père dans les yeux et je lui dis que je suis fatiguée, que ça n’a rien à voir avec ce que je connaissais des contractions naturelles. Je lui dis que j’ai fait mon maximum, que j’ai besoin d’aide. Il me dit que c’est correct, que j’ai été bonne. On demande l’épidurale. On m’avertit que ça peut prendre 20 minutes. Lorsque Dre.Giguère arrive, elle me conseille de faire un examen avant de procéder à l’injection. J’accepte. Je suis à 9 !! Ça pouvait bien être intense… Je suis tellement fière de moi et je me trouve bonne. Malgré le pytocin, j’ai encore réussi à accoucher sans épidurale ! Je m’installe pour pousser. Je suis prête ! Je n’ai pas peur et je ne ressens aucune anxiété comparativement à la naissance de ta sœur. J’ai tellement hâte ! Je tiens mes jambes et je pousse de toutes mes forces. Israël est à côté de moi et il m’encourage. Ta tête sort. Le docteure me demande d’arrêter. Tu as 2 tours de cordon et elle doit les couper pour que tu puisses sortir. Tu as même une de tes petites mains sur ta joue. Tu sors, enfin !! Il est 2h27. Je te vois. Tu es un peu bleu. Tu ressembles tellement à ta sœur, mais avec les cheveux plus foncés et ils semblent frisés. On te dépose sur moi, tu es tout chaud et collant. Je ressens tellement d’émotions et ton père aussi. Tu es là mon Ti-pois qui grouillait tant dans mon ventre. Je te vois enfin mon petit garçon.

L’infirmière va vérifier ton apgar et t’essuyer un peu. Papa va avec toi. Tu reviens ensuite sur moi. Notre accompagnante appelle ton papi et ta mamie pour les aviser que tu es là. Elle leur dit que j’ai monté l’Éverest. Tu demeures sur ma poitrine durant environ 20 minutes. Dre.Giguère accueille le placenta et me fais deux petits points ! Puis, tout bascule. J’ai des saignements, on me fait des massages utérins. Il y a des caillots et les saignements continuent. Tu dois me quitter, on t’amène plus loin… Je ne veux pas, mais on ne me laisse pas le choix. Je ne te vois plus. Je crie que tu t’appelles Bastien, que c’est toi !! Ton père enlève son chandail pour faire du peau à peau avec toi. Dre.Giguère m’annonce que le placenta semble ne pas être complet et qu’elle va devoir retourner avec sa main enlever les morceaux. On me ramène ma paille bleue pour le gaz hilarant. C’est extrêment douloureux, heureusement que le gaz me rend plus molle et engourdie. On me masse et elle recommence une deuxième fois. Marie-Eve reste avec moi, elle me parle et parfois, elle ne dit rien. Elle est là et ça me fait du bien. D’autres infirmières arrivent, on m’injecte d’autres choses. On me donne même des comprimés pour contracter l’utérus. Malgré tous les efforts, rien ne va mieux. On appelle la gynécologue d’urgence. Elle arrive 10 minutes plus tard. Je ne m’en rends pas compte, mais on te fait sortir avec papa. Il sait que ça ne va pas bien et il est inquiet. Vous allez à la pouponnière. On m’injecte un produit pour que je ne ressente pas trop la douleur car elle va devoir me faire un curetage. Je veux qu’on me lâche, je veux me reposer. Ce n’est pas supposé être plus difficile après la naissance. Je suis épuisée, j’ai mal et je suis tannée. Je dis même que je veux aller chez moi. Je ne pense même plus à toi. Je ne vois plus rien, j’ai juste mal ! Après le curetage, ça continue à saigner alors on me masse presque sans arrêt. Marie-Eve va voir papa et revient me voir. Elle est très soucieuse, mais ça ne paraît pas. Finalement, ça semble se calmer. La gynécologue enlève son sarrau et je lui dis que ça doit être bon signe. On me lâche un peu…enfin… Il est 5h30. Tranquillement les infirmières quittent et le docteure aussi. Seulement une infirmière reste avec moi car elle doit continuer à me masser régulièrement. Ton père revient enfin avec toi, il a l’air épuisé et je ne comprends pas pourquoi. Je ne réalise pas la gravité de ce qui s’est passé et la peur qu’il a eue. Il va se coucher et je me retrouve seule. Je grignote de la glace car je suis malade dû à tous les médicaments que l’on m’a donnés. Je mange un peu plus tard et, vers 7h00, j’appelle mes parents pour leur dire de venir seulement en fin d’après-midi. Je parle à Agathe et ça me fait du bien. Je demande à la gentille infirmière, Geneviève, d’aller chercher notre appareil photo pour que je puisse te voir. Tu me manques et je trouve le temps long. Ce n’est que vers 10h30 que je vous retrouverai. Je me sens plus sereine car tu es enfin à mes côtés et je peux te prendre pour t’observer et te découvrir à mon goût !! Ta grande sœur vient te voir vers 16h00. Elle est émerveillée et n’arrête pas de te dire bye en quittant. J’aurai une transfusion en fin de journée car j’ai perdu plus de la moitié de mon sang. Ça me fait un bien immense. Je quitterai l’hôpital 61 heures après ta naissance pour regagner notre chez-nous…enfin toute la famille réunie !!!

Bastien Lanciaut, 13 septembre 2011, 2h27, 7,6 livres, 49 cm

Commentaires de Marie-Eve (accompagnante) : Dans le courant de la nuit, passé minuit... quand les contractions sont devenues plus fortes... tu as comme changé de visage, je ne te reconnaissais plus... la pénombre, la douleur, ta grande concentration... j'ai longtemps décortiqué ton visage en me demandant pourquoi il avait tant changé. Et quand elles t'ont dit que tu étais presque complète... "Ah, wow! Chu bin hot!"... tu es redevenue celle que je connais. Et tu ne l'as pas été beaucoup cette nuit-là. Même quand je suis arrivée... il y avait une réserve... un genre de... résignation? Ton placenta avait gagné, tu étais alitée, tu faisais pipi devant nous... tête haute, fière... mais pas très heureuse Smile Je te connais de plus en plus, cet accompagnement m'a montré ta vulnérabilité, mais aussi ta très grande force. J'ai une grande admiration pour ce que tu as accompli... et d'avoir été aux premières loges pour le constater est incroyable. Lorsque tu as des moments de doute, ou de faiblesse... ou quand tu ne sentiras pas à la hauteur de quoi que ce soit... je me ferai un plaisir de te remettre en face la guerrière que j'ai vu se battre comme une tigresse pour son fils

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