Mon petit roman

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Mon petit roman

Message par Marielapluie le Mar 05 Fév 2013, 00:42

Bonjour! Je m'appelle Marie, j'ai 29 ans et je suis la maman d'un charmant petit garçon né prématurément en septembre dernier. Edmond a quatre mois et demi d’«âge réel» mais seulement deux mois d’«âge corrigé».

L’expérience de la maternité m’a complètement transformée et c’est en vous disant quelques mots de ce grand bouleversement que je souhaite me présenter.

Il y a deux ans, j’habitais Montréal, où j’étais sur le point de compléter un doctorat en études littéraires, entourée d’un amoureux incroyable et d’amis formidables. Or, j’étais très malheureuse. Moi qui rêvais de campagne, d’une famille nombreuse et d’une existence plus alternative, je me sentais bien loin du compte. Convaincue qu’un peu de recul nous ferait le plus grand bien, j’ai convaincu mon copain de partir en voyage : le plan consistait à cumuler un maximum d’aventures, de découvertes et de rencontres en un an, top chrono, afin d’y puiser un peu d’inspiration pour transformer notre quotidien. Je souhaitais par ailleurs retrouver le chemin fertile du silence intérieur où je n’arrivais plus à me réfugier depuis déjà longtemps. Mon copain et moi nous sommes d’abord installés à Berlin, où nous avons vécu pendant cinq mois, avant de faire le tour de l’Europe, puis de l’Asie, sacs au dos, au cours des sept mois qui ont suivi. Les deux mois et demi que nous avons passés en Inde m’ont particulièrement marquée de par l’intensité des rencontres et des expériences que nous y avons faites.

Tout au long de ce voyage, des réponses se sont imposées. Je savais notamment qu’il me fallait mettre un terme à mes études, ce que je me suis empressée de faire au retour, quelques jours seulement avant de découvrir avec émotion que j’étais enceinte! Pendant toute la durée de ma grossesse, j’ai cherché quoi faire de mon existence. Le vide professionnel devant lequel je me trouvais me donnait le vertige : comme je n’étais plus étudiante et qu’il m’était difficile de trouver un emploi dans ma condition (non seulement mes diplômes n’impressionnaient personne mais en plus j’étais enceinte), je ne savais plus trop comment me définir. J’étais effrayée! Afin de m’assurer d’avoir un petit revenu à la naissance d’Edmond, j’ai décroché un emploi qui, sans être aliénant, n’avait rien de stimulant. Et pour me donner l’impression d’aller quelque part, j’ai fait les cours préalables à l’inscription à la maîtrise en orthophonie sans même être convaincue que ce plan était gagnant. Je ne comprenais pas encore que la venue imminente de mon fils était un projet en soi! Pendant les cinq mois qui ont précédé mon accouchement, j’ai donc étudié et travailler à temps plein, cumulant parfois des semaines de 75 heures! Je prévoyais tout arrêter deux mois avant la date prévue de mon accouchement afin de me reposer un peu et de profiter davantage des joies de cette grossesse… or les choses ne se sont pas du tout déroulées tel que prévu : j’ai accouché le jour même où devaient avoir lieu mes examens finaux!

La prématurité d’Edmond m’a prise de court, comme c’est le cas, j’imagine, de toutes les naissances du genre. J’ai reçu cette nouvelle comme une claque au visage. Pendant les six mois et demi qu’a duré ma grossesse, j’ai couru… Comment m’étonner, alors, qu’elle se soit terminée aussi abruptement, comme si elle avait emprunté le même rythme que moi et s’était dépêchée, elle aussi, de passer à autre chose? Je me suis aperçue, à regrets, que j’avais eu très peu d’égards pour le petit être qui grandissait en moi et je me suis promis de ne plus jamais faire preuve d’une telle indifférence! Cette aventure m’a rappelé qu’il me fallait davantage être présente - à lui comme à moi. Alors pendant les sept semaines qu’Edmond a passé à l’hôpital, je n’ai fait que ça : être là, avec lui. Les infirmières de Ste-Justine m’ont affirmé un jour qu’elles n’avaient jamais connu de maman aussi intenses que moi : je passais toutes mes journées assise sur une chaise, à tenir mon petit loup contre moi, en peau à peau. En dépit des machines qui font sans cesse bip-bip et des nombreux fils qui s’immisçaient entre nous, du manque d’intimité et de chaleur de la pièce qui nous avait été assignée et des interventions parfois peu avisées du personnel, j’étais la plus heureuse des mamans! Et comme un champion, Edmond a remonté la pente!

Lorsqu’il a enfin obtenu son congé, j’ai souhaité trouver un moyen d'approfondir le contact privilégié que nous avions établi à travers de nouvelles pratiques davantage adaptées à notre vie à la maison. N’ayant jamais entendu parler du parentage de proximité, je m’étais préparée à faire l’expérience de la maternité d’une façon plutôt conventionnelle : à vrai dire, j’étais tellement préoccupée par autre chose que je ne m’étais pas trop posée de questions. Or, à cet instant mon coeur me disait qu’il devait bien exister d’autres façons d’élever un enfant! Je sentais dans mes tripes que ça n’allait pas du tout! Instinctivement, j’ai donc décidé d’inviter notre fils dans ce qui allait devenir le lit familial et je me suis munie d’une écharpe. Puis j’ai découvert, en fouinant sur Internet, qu’il existait des noms pour nommer toutes ces pratiques et que bien d’autres mamans avaient fait ces mêmes choix. C’est ainsi que j’ai entendu parler de l’HNI pour la première fois, un concept qui m’a d’abord semblée farfelu, mais auquel j’adhère tout à fait à présent! Je me suis engagée dans cette voie, non pas parce que mes lectures m’ont convaincue qu’il s’agissait de la meilleure façon de faire, mais parce que toutes ces pratiques convergent vers l’unique objectif que je souhaite pour l’instinct poursuivre: demeurer à l’écoute des besoins de mon fils et y répondre.

C’est ainsi que la maternité m’a permis de retrouver l’élan qui m’avait animée en voyage : être à l’écoute de mon fils me rappelle qu’il serait bon que je m’écoute, moi aussi. Pour la première fois de ma vie, je prends mon temps. Je vis dans l’instant, sans penser à ce qui vient. Je ne ferai pas de maîtrise en orthophonie. De ne pas avoir d’avenir professionnel ne m’inquiète plus le moins du monde. Je sens que j’ai enfin retrouvé le sentier duquel je m’étais égarée : je marche dans la direction que j’ai toujours souhaité prendre. De nombreux projets sont en branle, tous plus motivants les uns que les autres (dont celui de m’installer dans une maison de campagne dans les Cantons de l’Est!). Pour l’instant, je suis une maman, une femme comblée.

Comme à toutes les fois où je parle de bébés, je me suis un peu emportée! C'est que j’ai enfin l’impression d’avoir trouvé, avec ce forum, des gens avec qui discuter! J’ai déjà en tête une dizaine de questions à vous poser et quelques histoires et confidences à vous partager. Ce forum ne me semble plus très actif, mais j’ai tout de même espoir que mes interventions susciteront quelques réponses… car franchement, j’ai besoin de partager avec des mamans telles que vous! Vos échanges passés m’ont déjà tant éclairée… et vous êtes toutes si attachantes! Comme ma famille et mes amis ne partagent pas mes vues, je souhaite de tout coeur échanger avec d’autres parents afin d’obtenir du soutien, de partager des trucs et conseils et d'élargir mon cercle d'amis.

Au plaisir!

Marielapluie

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Re: Mon petit roman

Message par IsabelleV le Ven 08 Fév 2013, 21:01

Bienvenue !

En effet le forum est pas mal mort par les temps qui courent, on va essayer de redonner du pep !!

Ton parcours est très interessant !
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IsabelleV

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